Troisième argument : Donc, la foule paraît plus, abêtir les individus que les élever intellectuellement et moralement. Hitler avait une soif dévorante de pouvoir, et c’est cette volonté de fer qui a séduit le peuple allemand. Tous ces documents traitent d’un seul et même sujet, la foule et l’individu au sein de celle-ci. Vous allez être redirigé vers OpenEdition Search, Méry, M. 2005. Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter: Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Auguste Comte (1798-1857) a créé le positivisme (rationnel et presque scientifique) et est le premier à proposer une approche de l’individu comme être social car pour lui, l’Homme est façonné par la société dans laquelle il se trouve. Donc, même quand une foule est rassemblée pour un idéal (comme pour des causes écologiques), la violence peut être présente. Et l’on voit aisément les liens que l’on peut établir alors avec toute une génération d’artistes que l’on a qualifiés d’esthètes, de dandys ou de dilettantes, souvent enclins à l’égotisme... 4Rudolf Kassner, ami de Hofmannsthal et de Rilke, lecteur et traducteur de Gide, s’inscrit sans peine dans ce paysage intellectuel et artistique ; dès la publication de son premier ouvrage Die Mystik, die Künstler und das Leben (190013), il manifeste un vif intérêt pour un certain esthétisme anglais. Comme chaque individu ne raisonne plus profondément, il devient influençable facilement vis-à-vis du meneur ou des meneurs. Dans cette période, qui englobe ce que l’on a appelé – en termes d’histoire littéraire – la « fin de siècle », « l’esthétisme », ou encore « la littérature de la décadence », Narcisse devient une sorte de figure « emblématique5 » pour toute une génération de jeunes écrivains, eux-mêmes épris de beauté, de subjectivité et parfois de solitude. Là, tout nous prêche le vice, ou nous l’imprime, ou à notre insu nous entache »,  il n’a pas tort. Certes, pendant la Terreur, des foules révolutionnaires ont été sanguinaires, mais d’autres fois elles ont été héroïques comme pendant la campagne d’Italie avec le Général Bonaparte. Comme la foule formait une majorité du public, et si Coriolan n’a pas choisi la voie de manipulation la considérant comme une obséquiosité, il était donc impossible qu’il lutte seul et tente de changer les perceptions et la conscience du peuple dans la société sans mettre en pratique ces principes. (1901) 6 Chapitre III : La responsabilité de la foule criminelle I. Un mot célèbre de Napoléon. Walter Erhart, « “Wundervolle Augenblicke” – Narziß um 1900 », in Narcissus : ein Mythos von der Antike bis zum Cyberspace, op. cit., p. 26 : « 1. LA FOULE REND-ELLE L’INDIVIDU PLUS FORT ? - Résumé et conclusion. Donc, évanouissement de la personnalité consciente, prédominance de la personnalité inconsciente, orientation par voie de suggestion et de contagion des sentiments et des idées dans un même sens, tendance à transformer immédiatement en acte les idées suggérées, tels sont les principaux caractères de l’individu en foule. 13Dans le chapitre « Narciss », premier chapitre de Narciss oder Mythos und Einbildungskraft, Kassner choisit la forme du dialogue, forme qu’il utilise assez souvent à côté d’autres formes d’écriture essayistique, telles que par exemple la parabole ou la lettre. Dans Melancholia, paru dès 1908, nous trouvons un chapitre intitulé « 2. L’intérêt personnel a tendance à disparaître avec la foule, l’âme collective emporte les individus et les incite à se détourner de leurs petits intérêts particuliers. Si l’individu perd son âme personnelle, cela veut-il dire qu’il passe comme un pacte avec des puissances infernales dès qu’il se sait en groupe ? Les mots qu’emploie Gabriel Marcel à ce sujet sont éloquents ; le philosophe écrit : Ce sens [ce sens ultime de la physiognomonie] ne résiderait-il pas dans la réconciliation de l’Ame et de l’Esprit, celui-ci étant tiré de l’état d’impuissance parasitaire où il était tombé au xixe siècle ? » (p. 477). La contagion des émotions et des intentions entre individus est un phéno- mène qui a depuis longtemps été mis en évidence. Exagérer, affirmer, répéter, et ne jamais tenter de rien démontrer par un raisonnement sont les procédés d’argumentation familiers aux orateurs des réunions populaires » explique G.Le Bon dans Psychologie des Foules. La foule est plus rapide et moins sujette aux influences politiques que les experts. 17Faut-il alors comprendre « l’homme moderne » comme un être en totale déréliction, et qu’on ne pourrait évaluer que négativement à l’aune d’un monde mythique de toute façon révolu ? 72 S. W., V, p. 307-521. Narcisse : l’individu moderne entre magie, image et imagination. Tous ces documents traitent d’un seul et même sujet, la foule et l’individu au sein de celle-ci. Pour Sénèque, la foule est mauvaise conseillère car on s’y laisse facilement entraîner par les autres, par la force du nombre. Mais la force en elle-même que dégage la foule est-elle morale ou pas ? 2) Il est aussi plus fort, car il y a moins de risques de poursuites s’il commet des exactions. On peut rebondir sur les propos de Gustave Le Bon, qui admet que l'individu faisant partie de la foule , ressent par le fait de faire partie de ce groupe, un sentiment de puissance. Narciss, op. Voici là, un des aspects positifs de la foule. Im Gespräch mit Rudolf Kassner, op. C’est l’univers de la « mesure36 », du « lien37 » et de la « consécration38 ». Une foule de ce type redevient alors une « horde primitive ». En psychologie politique, la place de l'individu dans la foule soulève des questions récurrentes, si bien que de nombreux psychologues ont tenté de l'étudier. Comme l’exprime G.Le Bon : « La foule est un troupeau qui ne saurait se passer de maître ». Il faut compléter ici rapidement ces formules en soulignant que, dans d’autres ouvrages81, Kassner attribue à la figure du Christ un rôle particulier, puisqu’il intègre finalement l’eschatologie chrétienne à sa vision physiognomonique82 : le Christ est, pour lui, celui qui a fait passer l’humanité de l’identité à l’individualité, de l’espace au temps, de l’âme du monde à l’âme individuelle. La vision spéculaire de Narcisse est à l’origine de cette découverte du je : « quand l’homme se voit dans le miroir, il n’y a là qu’un seul être, et il dit donc : je53 ». Les foules ont suivi Jésus, à une époque où les moyens médiatiques étaient dérisoires, elles étaient fascinées par son message évangélique, c’est pour cela d’ailleurs que le Christ est resté dans la mémoire collective. 1967, p. 137-170. cit., p. 239. » Aussitôt, il y aura des individus qui commenceront à détériorer les choses qui  leur passent sous la main : vitrines de boutiques à casser, voitures et poubelles à brûler…. Non sans faire allusion à la théorie de la durée développée par Bergson, par exemple dans son Essai sur les données immédiates de la conscience (1889) ou dans l’ouvrage Durée et simultanéité (1922), Kassner affirme que la durée est incomplètement définie si on la prive de l’imaginaire ; pour lui, « ce n’est que grâce à celui-ci qu’elle dure éternellement, qu’elle est présence, qu’elle est forme et mise en forme62 ». 27Narcisse, être de réflexion, de conscience de soi et d’imagination – au sens où Kassner entend ce dernier terme –, n’échappe peut-être à la solitude, qui est son apanage, que lorsqu’il devient artiste, poète, créateur. Elle est composée d’autant d’individus qui peuvent à tout moment faire valoir leurs prérogatives sur la façon dont on les représente en cette occasion. Dans la foule, on peut ainsi saisir quelque chose de profondément mystique. Im Gespräch mit Rudolf Kassner, op. Wir haben davon in unserem Dialog « Narziß » gehandelt und dürfen uns hier darauf berufen. Cela provient à la fois de l'anonymat apporté par la foule et du sentiment d'impunité dû au grand nombre. Freud avance à tâtons dans cette déclaration : « et donc peut-être après tout », telle est la formulation hésitante du fondateur de la psychanalyse, mais l’assertion est là bouleversante : « par amour d’eux ». Le meneur n’a pas besoin de recourir à des démonstrations pour séduire la foule : « La foule, n’étant impressionnée que par des sentiments excessifs, l’orateur qui veut la séduire doit abuser des affirmations violentes. Gisa Briese-Neumann, Ästhet – Dilettant – Narziss, Peter Lang, Frankfurt/M. L’imagination, chez cet auteur, est une faculté qui dépasse de loin la simple capacité de se représenter des faits ou des éléments extérieurs à la « réalité ». 5Dans le vaste champ culturel qui intéresse Kassner15, qui va de l’Orient à l’Occident, et de l’Antiquité aux œuvres artistiques de ses contemporains, on retrouve évidemment aussi la figure de Narcisse, qui apparaît plusieurs fois dans des textes de factures très diverses. Geburtstag, A. Cl. Narciss, op. » Narciss, op. Mais comme le dit aussi Gustave le Bon dans Psychologie des Foules : « Les hommes ne se conduisent jamais avec les prescriptions de la raison pure ». 82 Cf. ( Déconnexion /  Le fait d’être réunis pour un même but (par exemple, manifester contre le réchauffement climatique) donne à l’individu une certaine joie. Est-ce tous ou seulement un, ou quelques-uns ? La multitude implique le tassement, comme s'il fallait fondre l'individu dans un unique magma originel. cit., p. 81. La foule peut donc être sauvage, barbare, instinctive comme le décrit longuement G.Le Bon dans Psychologie des Foules : « L’état normal de la foule contrariée est la fureur ». à ce sujet les ouvrages suivants : Élisabeth Frenzel : Stoffe der Weltliteratur, Kröner, Stuttgart 1962, p. 457 sq./Ursula und Rebekka Orlowsky : Narziß und Narzißmus im Spiegel von Literatur, Bildender Kunst und Psychoanalyse. Mais cette investigation sur la foule, la masse, ne peut pas se faire sans considérer d’abord son contrepoint, la question de l’absence et du néant, de l’individu isolé apparaissant au monde, puis de son rapport à l’altérité et au groupe, première étape vers la constitution d’une … Ou l’expérience grâce à l’imagination, la solitude spécifique de l’homme moderne, la métamorphose comme rêve, comme art. 16 S.W, I, p. 338-342 ; p. 339 cette réplique de Psyché : « Ich habe noch nie mein Bild im Spiegel gesehen ! Il faut néanmoins noter, sans vouloir ici développer des remarques concernant la forme de ce dialogue, que ce chapitre – malgré la présence de cinq interlocuteurs – se présente plutôt sous une forme monologique ; en effet, le narrateur-locuteur à la première personne occupe, dans ce dialogue, une place prépondérante, et c’est lui qui formule la plupart des remarques qui ponctuent le portrait de ce nouveau Narcisse en qui il veut voir autre chose que « le symbole de l’amour de soi et de la vanité32 ». - Dans quel sens et dans quelles limites une foule peut-être responsable II. Si on ajoute à cet amour diffus dans la foule, de la musique lyrique et envoutante, on peut sans doute mener une foule jusqu’à une sorte d’extase religieuse. Donc l'individu semble être percu comme un être libre, éveillant sa raison et son intelligence détaché des autres. Le vaniteux se voit-il lui-même ? 28 Narziss. Freud dans Psychologie des Foules et Analyse du Moi va faire une thèse qui dépasse celle de G.Le Bon  en disant que dans la foule, il y a une sorte d’amour des individus les uns pour les autres. » Id., p. 211. La Freud y consacre un lire intitulé « Psychologie de masses et l’analyse du moi » (1921), dans lequel il commence par rendre hommage aux thèses de Lebon sur la foule. 10Nous nous proposons d’étudier comment Kassner interprète la figure de Narcisse dans ce dialogue, avant d’en tirer quelques conclusions plus générales sur la portée de ce texte à l’aune de cette forme de pensée (ou de vision) physiognomonique. aussi Aufzeichnungen aus dem Nachlass, in Reden und Aufsätze III, op. cit., p. 82. Jahrhundert – Accorde » ; ainsi trouve-t-on dans cet ouvrage des chapitres consacrés, par exemple, aux peintres préraphaélites Dante Gabriel Rossetti, William Morris et Edward Burne-Jones, ou aux poètes Algernon Charles Swinburne et Robert Browning. Zola nous dit des mineurs grévistes : « Ils ne sentaient plus le froid, ces ardentes paroles les avaient chauffés aux entrailles, une exaltation religieuse les soulevaient de terre… » Zola précise que la foule ne comprend pas tous les propos des deux meneurs, néanmoins même les mots compliqués les fascinent, leur apportant du rêve : « Bien des phrases obscures leur avaient échappé, ils n’entendaient guère ces raisonnements techniques et abstraits, mais l’obscurité même, l’abstraction élargissait encore le champ des promesses, les enlevaient dans un éblouissement ». Ainsi Sénèque dans la lettre 7 qu’il adresse à son ami Lucilius écrit : « Tu me demandes ce que tu dois principalement éviter ? Merci, nous transmettrons rapidement votre demande à votre bibliothèque. I, Neske, Pfullingen 1969 sq. 1 Mes remerciements vont à la « Alexander von Humboldt-Stiftung » qui m’a permis d’effectuer mes premières recherches sur Rudolf Kassner en 1993-1994, à l’Université Johannes-Gutenberg de Mayence. Profondément « intolérante », elle « exige la force, voire la violence ». Dans la cinquième partie du chapitre II de sa thèse (La foule et le public, 1904. 2Nous trouvons dans cette étude une sorte de catalogue des auteurs français qui ont tous écrit, à peu près à la même époque, des poèmes ou autres textes sur Narcisse. Quand la musique et la foule se mêlent, il se passe comme quelque chose de mystique ; ainsi Henri Borlant (seul adolescent juif à avoir survécu sur une rafle de six milles enfants déportés à Auschwitz) raconte que parfois le soir, les prisonniers chantaient : « Les Grecs de Salonique chantaient en judéo-espagnol, les slovaques en yiddish. 17 S.W., II, Motive – Essays, Sören Kierkegaard – Aphoristisch, p. 40-97 ; p. 58 : « Die Möglichkeit war der ewige Trugschluß seiner Schwermut, sie war der Betrug seines Lebens, die große Liebe zum Möglichen war Selbstliebe, die Sehnsucht des Narkissos. Nous pourrions citer aussi le poème « Narziß » de Rilke (1913), ou le récit plus tardif de Hermann Hesse Narziß und Goldmund (1930). C’est l’imagination qui donne au poète cette harmonie intérieure qui relie l’être de l’artiste à son œuvre. Donc, l’individu est rendu plus fort avec la foule car : 1) Il est vraiment plus fort physiquement avec la foule avec l’aide des autres. cit., p. 225. Or, « l’impulsivité, l’irritabilité, l’incapacité de raisonner, l’absence de jugement et d’esprit critique » sont des caractéristiques qu’on retrouve aussi bien chez les enfants que chez les sauvages, remarque G.Le Bon.

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